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Journaliste, fondateur et directeur de Presse Infos Plus
Carte de presse n°81243
Membre de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Membre du bureau du Sapig (Syndicat des agences de presse d’informations générales)

Spécialisé dans les secteurs sanitaire et médico-social : organisation, financement et politiques publiques.

Expérience et formation

 

Activités

L’ensemble de mon travail se déroule aujourd’hui au sein de l’agence de presse Presse Infos Plus créée en 2009 et qui s’est vue reconnaître le statut d’agence de presse en octobre 2010.

Si je poursuis mon travail de rédaction, je consacre également beaucoup de temps à l’animation de l’équipe de rédaction de l’agence et aux projets éditoriaux de ses clients.  L’essentiel de la production de contenus de l’agence concerne les secteurs sanitaire et médico-social.

 

Peut-on vraiment se passer des libéraux de santé ?

(Texte original – non publié dans une autre publication)

Les médecins libéraux, mais aussi les chirurgiens-dentistes, les biologistes médicaux responsables de laboratoire, les radiologues… ont rarement bonne presse ces derniers temps. Hier notables respectés et personnages « sachant », ils sont regardés aujourd’hui comme des hommes et des femmes qui auraient choisis cette voie par goût de l’argent et d’un statut social, plus que par amour de son prochain et vocation de le soigner. C’est en tout cas ce que leur renvoient régulièrement les médias, leurs interlocuteurs des caisses d’assurance maladie et des ministères qui cherchent à les contraindre plutôt qu’à les traiter en partenaire de bonne volonté de la santé publique.

Opprobre

Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, en a très bien décortiqué les racines historiques. Mais si la méfiance est historiquement de mise entre le corps médical et l’Etat, les libéraux de santé ont toutefois rarement traversé une période comme celle qui prévaut aujourd’hui. Ils font en effet régulièrement la Une des médias pour des sujets peu valorisant : refus de soins, dépassement d’honoraires, marge honteuses sur les prothèses, refus de s’installer dans certaines régions désertifiée, etc.

Méritent-t-ils tant d’opprobre ? Méritent-ils qu’on les haïsse ? Oui, certains abusent, refusent des patients pour de mauvaises raisons, pratiquent des tarifs visant à sélectionné une certaines clientèle, ne sont pas toujours regardant sur la qualité de leur fournisseurs de prothèses. Oui, beaucoup gagnent très correctement leur vie (en  particulier en Ile-de-France et en région Paca) et sont parfois déconnectés de la réalité socio-économique du pays. Oui, ils ne sont que très peu confrontés aux problèmes de défauts de paiement de leurs patients puisqu’ils sont majoritairement payés par les caisses, qu’elles soient obligatoires ou complémentaires.

Parler sérieusement des dysfonctionnements

Faut-il s’arrêter à ces constats simplistes et hurler avec les loups ? Pour quoi faire ? Les remplacer par des salariés ? Des fonctionnaires ? D’autres pays comme la Grande Bretagne ont expérimenté ce genre de modèle et en sont revenus. Et avant de jeter tout un système, n’est-il pas possible de parler sérieusement des dysfonctionnements. Ainsi, prenons le problème des dépassements ou des honoraires excessifs. Ce sont aux caisses et aux ordres de faire respecter le fameux principe de tact et mesure. Qu’ils le fassent sans faiblir. Ils ont toutes les données utiles leur permettant d’agir et connaissent parfaitement la frange de professionnels qui abusent. Ce n’est en tout cas pas aux syndicats professionnels de suppléer les gendarmes du secteur.

Autre exemple, celui de la désertification médicale. Certains élus rêvent de contraindre les jeunes professionnels à s’installer là où personne ne s’installe plus, même pas la Poste ou un boulanger. Peut-on sérieusement imaginer faire de l’aménagement du territoire par la contrainte ? Et ne pas envisager le problème dans sa globalité ?

Sur beaucoup de point donc ce qui est reproché aux libéraux de santé c’est en fait d’être les révélateurs de dysfonctionnements plus généraux. Mais il est plus simple de les désigner à la vindicte populaire, voire d’en faire des bouc-émissaires, plutôt que prendre à bras le corps toute une série de problèmes qui, eux, sont bien réels. Il est aisé de se  laisser aller à ces raccourcis faciles.

Les aimer de nouveau un peu

Pourtant, que serait le système de santé français sans la réactivité et l’adaptabilité des libéraux ? Ne méritent-ils pas qu’on les considère comme des partenaires, voire qu’on les accompagne dans les multiples changements qu’ils doivent gérer aujourd’hui ? Moins de 10% d’une promotion de médecin choisit aujourd’hui de s’installer en libéral tellement cet exercice a vu son image et ses conditions se dégrader. Est-on certain que leur disparition sera une bonne chose pour la population ? N’est-ce pas le moment de les aimer de nouveau un peu ?

C’est ce que la proposition de loi Fourcade a tenté de faire en juillet. Mais la seule suppression de dispositifs vexatoires ne suffira pas à refonder l’exercice libéral et à le rendre attrayant et adapté à la réalité d’aujourd’hui. Il serait intéressant que les élections présidentielles et législatives de 2012 permettent un débat approfondi sur le sujet. Il n’est pas interdit de rêver.