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Journaliste, fondateur et directeur de Presse Infos Plus
Carte de presse n°81243
Membre de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Membre du bureau du Sapig (Syndicat des agences de presse d’informations générales)

Spécialisé dans les secteurs sanitaire et médico-social : organisation, financement et politiques publiques.

Expérience et formation

 

Activités

L’ensemble de mon travail se déroule aujourd’hui au sein de l’agence de presse Presse Infos Plus créée en 2009 et qui s’est vue reconnaître le statut d’agence de presse en octobre 2010.

Si je poursuis mon travail de rédaction, je consacre également beaucoup de temps à l’animation de l’équipe de rédaction de l’agence et aux projets éditoriaux de ses clients.  L’essentiel de la production de contenus de l’agence concerne les secteurs sanitaire et médico-social.

 

Qui veut encore des vertus agaçantes du journalisme ?

Petit à petit, depuis des années, le métier de journaliste voit son périmètre d’action fondre comme neige au Soleil, et ses valeurs de métiers être nié et placardisé. Ce constat peu enthousiasmant est fait au quotidien par nombreux de mes confrères.

Inversion des valeurs. Si les affaires relatives à l’image – comme encore tout dernièrement celle de Nadine Morano qui a interdit à un journaliste de l’Est Républicain de la prendre en photo lors d’une de ses apparitions publiques pour des raisons esthétiques ou celle de Jacques Chirac pour qui un dispositif d’exception est mis en place pour éviter toute image le représentant dans le box des accusés – sont spectaculaires, la même dérive du contrôle absolu de la communication se retrouve à l’écrit. Et le secteur de la presse professionnelle n’est pas en reste. La dérive est connue et analysée depuis un moment déjà. Mais il me semble que nous sommes en train de franchir un nouveau cap, celui de l’inversion des valeurs professionnelles.

L’exemple le plus criant est celui de l’interview. La pression est constante de la part des interlocuteurs de la presse professionnelle pour relire et valider non seulement les interviews, mais également les citations faites de leurs propos dans un texte. Il n’y a pas si longtemps, la demande était faite à partir du présupposé qu’il s’agissait d’une faveur ou d’une exception à la règle qui était demandée. Au journaliste de juger de la suite à donner à cette demande. Or aujourd’hui, relire une interview ou des citations semble devenir la règle, un refus du journaliste étant pris pour un quasi-casus belli.

Ne pas abdiquer sa responsabilité. Un très récent échange avec une attachée de presse d’une fédération d’établissements sanitaires m’a laissé un goût amer : il a fallu que je lui explique qu’il était constitutif du métier de journaliste d’être responsable de ses écrits et donc de ne pas faire relire les articles par ses interlocuteurs. J’ai bien senti que j’allais totalement à l’inverse non seulement de sa pratique, mais de ce qu’elle avait intégré comme une règle normale de son métier. Nous en sommes aujourd’hui au point de devoir expliquer qu’un journaliste n’est pas un concepteur-rédacteur d’une agence de communication rédactionnelle au service de ses interlocuteurs. Tout l’art du journaliste est justement de les emmener hors du champ balisé de leur stratégie de communication, de saisir la spontanéité, l’idée décalée… Non pas pour piéger, mais pour éclairer et aller au-delà du discours formaté. Faire relire, c’est s’assurer d’un passage à la moulinette du service relation presse. C’est abdiquer son rôle de journaliste. Il n’y a rien de prétentieux dans ces propos. Juste que nous touchons là à l’essence même de notre métier. Sans cela, sans la prise de responsabilité de ce que l’on écrit, nous ne sommes plus rien.

Je dis bien prise de responsabilité. Avec le risque d’une demande de droit de réponse, voire de procédure devant les tribunaux. Ou plus simplement de se voir refuser la prochaine interview, de ne plus avoir accès à certains interlocuteurs…

L’urgence d’une parole collective. Cette position est difficile à tenir lorsque vous posez ces règles de façon isolée ou ponctuelle et que vos confrères (et parfois sois même) adoptent une attitude inverse. C’est pour cela qu’il me semble urgent que les journalistes réaffirment collectivement, modestement mais fermement, les règles de base de leur métier. Au risque de définitivement céder à la logique dominante de la maîtrise absolue du discours.

Ce qui individuellement, professionnellement et collectivement serait une immense erreur. Le journaliste, quels que soient son champ d’activité et les sujets traités, n’a pas pour vocation de complaire, mais bien d’entretenir la petite musique du doute et du recul que seul par exemple, dans l’affaire du Médiator, la revue Prescrire a su préserver. Cette ligne est difficile à tenir au quotidien et la tendance, moi le premier, est de multiplier les exceptions. Mais plus nous attendons, plus la pente sera dure à remonter.